L’Heptarchie Mystique Tome 1

Entre le 22 décembre 1581 et le 23 mai 1583, le mathématicien et astrologue John Dee entreprit, avec l’aide d’un médium nommé Edward Kelly, d’entrer en contact avec les Anges. De cette rencontre et de leurs échanges naquirent les « Cinq Livres de Mystères », décrivant – entre autres – un système complexe basé sur le chiffre 7, que John Dee baptisa « Heptarchie ». Le dessein de ce système est de pouvoir contacter les Rois Angéliques, leurs Princes et Ministres qui président à la destinée de tout ce qui se trouve au-dessus et en dessous de la surface du Globe Terrestre. C’est aussi le premier contact avec un langage barbare, jusque là inconnu des hommes de ce temps. Ce langage serait celui qu’Adam parlait au Paradis, et aussi celui des hommes de la terre avant la chute de Babel. Dee et Kelly le qualifieront de langue adamique ou angélique, et plus tard ce dernier sera appelé « énochien », en référence au personnage biblique qui marcha avec Dieu et fut emmené dans les cieux. Ce récit peut être lu de plusieurs façons différentes : comme un récit hermétique au références nombreuses parfois d’une grande complexité, ou bien comme un scénario de film à grand spectacle, tant les visions de Kelly sont violentes, énigmatiques, imprégnées de mythologie, et parfois empreintes d’une poésie surréaliste dignes des représentations picturales de Jérôme Bosch.

Lecture difficile, tant au niveau des changements de styles narratifs de Dee et Kelly que pour le thème. Les traductions laissent cependant transparaître cette grande différence de tons, et toutes les traductions du latin grec ou hébreu sont  parfaites. Comme indiqué dans le préambule, on peut croire, ou vouloir croire, à ces discussions avec des créatures angéliques, ou tout simplement s’imprégner de la singulière atmosphère qui régnait à l’époque du « magicien ». Il est parfois amusant de voir s’exprimer des opinions dominantes, en particulier venant d’individus appartenant à des cabales comme la Golden dawn. Un ouvrage… Hermétique.

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Conjuring 2 – Le cas Enfield

Conjuring 2 : Le Cas Enfield : Affiche

James Wan parvient une fois de plus à nous surprendre avec Conjuring 2, plus aboutie en matière de réalisation et plus effrayant que jamais. Atmosphère flippante de bout en bout, la tension ne démord jamais, le réalisateur ne nous laisse pas une seconde pour respirer sans jamais tomber dans la facilité. Dès la scène d’introduction, on comprend très vite que le film sera de qualité et que les hommages vont se succéder. Quasi monochrome, Conjuring 2 est plus poisseux que le 1er. James Wan parvient à montrer la descente aux enfers d’une famille et plus subtilement d’une Angleterre déliquescente suite à l’arrivée de Tatcher. D’autres sujets sont traités en fond donc le scénario n’est pas du tout laissé de côté. Les codes du genre sont exploités avec merveille et Wan les réutilise en apportant sa patte artistique car techniquement, c’est imparable, des mouvements fluides, une caméra plus mobile que dans le 1er, un montage intelligent, la gestion des plans et de leurs longueurs est parfait sans compter le jeu avec les cadres. Il installe un jeu avec le spectateur avec des effets de style bien trouvés, je dis chapeau. La relation du couple Warren est plus profonde, plus sensible et en sous-texte la remise en cause de la foi par cette question que tout le monde se pose dans le film « est-ce un canular ou pas ? » est traité ingénieusement.

Antigone, de Sophocle

Pour avoir enterré son frère rebelle, Antigone doit être punie de mort. Le tyran Créon refuse de revenir sur sa décision malgré les lamentations des vieillards de Thèbes et les supplications de son propre fils Hémon, fiancé d’Antigone. Seuls les présages de Tirésias le feront changer d’avis, mais il sera déjà trop tard.

Un débat sur la nature du pouvoir politique qui reste toujours d’actualité. Et pourtant, c’est une oeuvre très ancienne :
Sophocle (495- 406 avant JC) a vécu l’apogée du siècle de Périclès, la grande période du classicisme grec. Avec Sophocle la tragédie s’oriente vers le drame de l’individu aux prises avec des forces contraires. Tel est le cas d’Antigone, héroïne qui a inspiré cette pièce. Antigone, fille d’Oedipe, se dresse contre l’autorité de Créon, roi de Thèbes qui a refusé les honneurs funèbres à Polynice, frère d’Antigone. En effet Polynice et Etéocle, tous deux fils d’Oedipe, viennent de s’entretuer en se disputant le pouvoir.
C’est une tragédie qui campe un homme désarmé par la puissance d’une femme qui ose le braver et qui, lucidement, revendique la mort; ce faisant, elle fait oeuvre de résistance et impose d’autres valeurs qui rendent dérisoires les ordres de Créon. La figure d’Antigone a inspiré d’autres créateurs comme Cocteau, Anouilh et Brecht.

Hagakure : Ecrits sur la voie du samouraï

Le Hagakure, qui fut écrit au début du XVIIIe siècle, rassemble des préceptes, leçons et épisodes historiques liés à la voie du samouraï. Ce livre fut dicté par un samouraï devenu moine, Tsunetomo Yamamoto, à l’un de ses disciples, Tashiro Tsuramoto, qui compila les récits de son maître dans quelque onze volumes. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, aucun livre n’a été condamné avec autant de véhémence que le Hagakure car il serait à l’origine de l’engagement aveugle des jeunes soldats japonais à se précipiter dans la mort plutôt que de connaître le déshonneur de la défaite. Récemment, en 2000, le livre fut encensé par le cinéma dans Gost Dog, la Voie du Samouraï de Jim Jarmusch avec Forest Whitaker. Hagakure fait partie des grands classiques du bushidô, la voie des samouraïs.

Ce livre est pour moi, un livre de chevet dans lequel je me jette quotidiennement. Certains aphorismes, résumés d’expérience ou explicatifs sur « le code » me ramène toujours à certaines interrogations, mais justement, le jeu est là, vous ramenez à vos pensées, votre façon de voir les choses, le monde, la société, votre force de caractère, et peut-être que chacun trouvera en lui et dans ce livre, des questions, et des réponses sur sa manière d’appréhender le monde. On ne porte pas de sabre à la ceinture, on ne se bat pas ou on ne se suicide pas rituellement…Mais certains principes eux, sont encore et toujours à l’ordre du jour, J’aime en tout cas cette idée. Et comme le Traité des cinq roues de Musashi, je conseille vivement la lecture de ce formidable ouvrage écrit avec un nihilisme absolu, critiquable parfois, admirable dans d’autres.

Scènes de la vie impressionniste

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C’est à Rouen en 1872 que Claude Monet expose pour la première fois dans un musée. A côté d’un paysage, il révèle une image plus intime, un por­trait de sa femme Camille intitulé Méditation. Après avoir organisé deux expositions de référence sur le pay­sage impressionniste, Une Ville pour l’Impressionnisme (2010) et Éblouissants reflets (2013), le musée des Beaux-Arts de Rouen propose, avec Scènes de la vie impressionniste, de se pencher sur ce versant plus secret, et de découvrir comment les impressionnistes ont investi l’art du portrait pour traduire les mouvements de la modernité, et s’affirmer sur la scène artistique.

Le lien vers le Musée des beaux-arts de Rouen, organisateur de la visite commentée : http://mbarouen.fr/fr/expositions/manet-renoir-monet-morisot-scenes-de-la-vie-impressionniste

Chroniques de la Terre d’Airain – Les Poisons de Katharz de Audrey Alwett

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À Katharz, la ville-prison, le meurtre est légal et même récompensé. À partir de cinq assassinats déclarés (et sous réserve d’une certaine élégance), le titre de Chevalier des Arts du meurtre vous est délivré, qui vous permet enfin de quitter Katharz !
Évidemment, il arrive que les choses tournent mal lors de la cérémonie, car la dirigeante, Ténia Harsnik, aime jouer de la guillotine. Il se murmure d’ailleurs qu’elle cache un secret aussi grand que la ville qui s’étale sous ses pieds… Mais peu importe ! L’un des complots qu’elle doit déjouer à tour de bras finira bien par aboutir. D’ailleurs, Sinus Maverick, le célèbre fabriquant de bonbons (ces fabuleux sortilèges en papillotes) est proche du succès. Vraiment, il ne pouvait pas se douter que Ténia était le dernier rempart avant le chaos… Il voulait bien faire, voilà tout.

C’est ce que l’on appelle de la light fantasy, ou lite fantasy, c’est un cadeau d’un de mes neveux, donc je l’ai lu par curiosité, pour voir ce que l’on proposait aux jeunes aujourd’hui. C’est plutôt bien écrit c’est vrai, l’intrigue reste cousue de fil blanc, tous les personnages sont caricaturaux et l’on sent la jeunesse de l’auteur, mais on s’y laisse prendre après quelques chapitres, on sourit souvent aux situations, et à ce que nous autres, rôlistes, nous ferions dans ces cas-là. J’avoue avoir été agréablement surprit.

Wormwood T2 : ça fait mal quand je fais pipi…

wormwood tome 2 - ça fait mal quand je fais pipi

Si dans le tome 1 Templesmith posait son décor et constituait une « équipe » autour de l’investigateur zombifié, dans cette suite que je vois arriver de nulle part sans trop y croire, il fouille l’univers proposé et exploite les capacités de chacun face à de nouveaux ennemis, dans une autre dimension : la Farfadie, pleuplée de farfadets, forcément, mais pas ceux des comptines : ceux-là sont pervers et gores, avec à leur tête une reine travelo lubrique. Ca promet. Non content de nous précipiter dans une aventure déjà bien allumée, qui repousse toutes les limites du rationnel, Templesmith y ajoute des mangeurs de monde, et dote Wormwood d’un corps temporaire de fillette, le sien étant en « réparation ». La fillette sirote donc de la bibine et fréquente les bars à girls, tout cela armée d’une sucette et d’un gros calibre, d’un cyborg et d’une gardienne démonico-humaine.

Le tout étant servi par un dessin écorché, typique de l’australien, une colorisation jouant sur les oranges sombres, les verdâtres et la ténèbre en général, ainsi que des retouches novatrices assistées informatiquement, qui soulignent le mouvement et le coté vraiment dingue. Entre Fell et Hellboy, Wormwood est une bonne bouffée d’air vicié dans l’univers BD trop propre sur lui… génial !